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Restauration de tapis à Paris 8e
Ce que les musées font pour leurs tapis, un salon peut en retenir une part.
Ouvert en 1936 dans la rue de Monceau, le musée Nissim de Camondo compte dans ses collections des tapis de la manufacture de la Savonnerie, destinés à l’origine à la Grande Galerie du Louvre. Un tapis de laine noué peut traverser des siècles, à condition qu’on ménage ses bords, ses franges, ses couleurs et sa surface. Dans un appartement du 8e, les causes d’usure sont celles de partout : la lumière, le passage, le poids des meubles. Voici comment les reconnaître et préparer l’enlèvement.

Un hôtel de 1914 et des tapis commandés pour le Louvre : la longue vie d’un tapis de laine
L’hôtel a été construit de 1911 à 1914 pour Moïse de Camondo, sur le modèle du Petit Trianon, par l’architecte René Sergent ; son propriétaire l’a légué pour qu’il devienne un musée. Il conserve un décor français du XVIIIe siècle, avec ses tapis de la Savonnerie ; le musée est fermé pour travaux depuis août 2024. Que des tapis de laine nouée traversent les siècles n’a rien de mystérieux : ils demandent qu’on les regarde, qu’on les tourne et qu’on les protège.
Un tapis de cette qualité ne se répare pas comme un tapis courant. La reprise doit se fondre dans le dessin, et la décision la plus juste consiste parfois à consolider sans reconstituer : arrêter une usure, fixer un bord, laisser la zone dans son état. Avant de choisir, il faut savoir ce que l’on attend du tapis, le garder au sol, le transmettre ou le vendre.
50 lux et deux extrémités à intervertir : les gestes des conservateurs applicables chez soi
Les musées ramènent à environ 50 lux l’éclairage des textiles exposés, selon le manuel de conservation préventive du Québec, car les dégâts de la lumière s’additionnent : l’Institut canadien de conservation précise que réduire de moitié l’éclairement ou la durée d’exposition divise les dommages par deux. Une pièce ordinaire, de jour, en reçoit beaucoup plus. Sans transformer un salon en musée, on peut intervertir chaque année les deux extrémités du tapis, tirer un voilage aux heures de plein soleil et soulever de temps à autre le meuble qui protège toujours la même zone.
Pour un tapis que l’on ne pose plus, un rouleau sur un tube large, propre et sec, enveloppé de coton, vaut mieux qu’un pliage, qui casse la chaîne le long des plis.

Une feuille, quatre lettres : repérer chaque dommage avant le rendez-vous
Dessinez un plan du tapis sur une feuille et marquez-y les zones touchées : A pour une tache, B pour un bord ouvert, C pour une zone rase, D pour un trou. Photographiez chaque lettre de près, à la lumière du jour, avec une règle, puis le dos au même endroit. Ce plan évite de chercher le dommage au moment de l’enlèvement, quand il faut déjà rouler le tapis, et nourrit la discussion du devis, qui ne vient qu’une fois le tapis examiné.
Si une réparation ancienne a été faite, signalez-la. Pour le passage dans un immeuble du 8e, gardien, ascenseur ou monte-charge, les questions sont celles de tout enlèvement d’un grand tapis : mieux vaut les régler avant la date.

Le conseil de l’atelier
Éloignez le tapis de la fenêtre qui reçoit le plein soleil, ou tirez un voilage quand il y donne. Une fois par an, inversez ses deux extrémités. Quand un meuble reste des années au même endroit, soulevez-le de temps en temps : la zone qu’il cache n’a pas vieilli comme le reste, et la différence finirait par se voir.
Questions fréquentes
Un côté de mon tapis a pâli face à la fenêtre : peut-on retrouver la couleur d’origine ?
Une couleur passée à la lumière ne se restitue pas comme on lave une tache. Selon l’étendue, on peut laisser tel quel, équilibrer avec le temps en intervertissant les extrémités, ou reprendre certaines zones ; la décision se prend sur pièce. Nous ne promettons pas un retour exact à la teinte d’origine.
Un tapis ancien de salon doit-il être restauré avant d’être légué ?
Pas forcément. Posez d’abord la question de l’usage : le garder au sol, le transmettre ou le vendre. Parfois, consolider suffit, en arrêtant une usure et en fixant un bord sans reconstituer toute une zone. Un examen, éventuellement complété par une expertise, aide à trancher entre ces choix.
Comment savoir si une ancienne réparation de mon tapis est bien faite ?
Regardez-la à la lumière du jour, à l’endroit puis à l’envers : une reprise bien assortie suit le dessin et la teinte, une mauvaise se trahit par un décalage de couleur, un fil trop gros ou une zone plus raide. Signalez-la dans la demande : elle fait partie de l’histoire du tapis, et l’examen la retrouvera de toute façon.
Sources des repères locaux
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