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L’Atelier du Tapis d’Orient 07 60 92 62 06 Demander un devis
Décor de synthèse : un appartement du Quartier latin tapissé de livres, le dôme du Panthéon à la fenêtre, un tapis Bakhtiari.

Image de synthèse

Restauration de tapis à Paris 5e

Chez soi comme au musée, restaurer commence par retirer ce qui pèse et ce qui encrasse.

En 2011, les six tapisseries de La Dame à la licorne, au musée de Cluny dans le 5e arrondissement, ont été restaurées en dix mois : dépoussiérage, nettoyage, remplacement de doublures trop lourdes. Un tapis noué n’est pas une tapisserie, mais ces gestes de conservation valent aussi pour lui. Voici les repères qu’ils offrent à un tapis de famille, ce qu’une reprise couvre, et comment préparer la prise en charge.

Un coin de tapis repris, ses franges refaites. Image de synthèse.
Un coin de tapis repris, ses franges refaites. Image de synthèse.

Cluny, 2011 : dix mois pour dépoussiérer, nettoyer, alléger

Les six tapisseries sont datées, probablement, de 1484 à 1538 et ont été retrouvées au château de Boussac. L’État les acquiert en 1882 pour le musée national du Moyen Âge, installé dans les thermes et l’hôtel de Cluny. Elles retrouvent Paris en décembre 2013, dans une salle entièrement rénovée, après la campagne de 2011.

Trois enseignements valent pour un tapis de famille. La poussière use : elle se retire. Le poids tire : les doublures, ces toiles cousues au dos pour soutenir le textile, étaient trop lourdes et ont été remplacées ; un tapis accroché au mur, sans support sur toute sa largeur, subit la même traction. Le temps compte : ces dix mois rappellent qu’une restauration sérieuse ne se presse pas.

Ces tapisseries sont tissées, un tapis d’Orient est noué, et les techniques de reprise diffèrent. L’esprit reste le même : on consolide d’abord, on ne refait que ce qui manque, et la reprise garde un aspect légèrement distinct du reste, ce que l’on assume. Les tapisseries anciennes se conservent à l’abri de la lumière, soutenues sur toute leur étendue : un tapis de famille mérite la même attention.

Trois vues, une mesure, un trajet : préparer la prise en charge

Prenez d’abord le tapis dans son ensemble, puis le défaut de près, puis l’envers au même endroit. Ajoutez une mesure du défaut en centimètres, avec un ruban posé à côté. Ne coupez rien, ne collez rien : un fil qui dépasse peut se renouer, un fil coupé ou collé se remplace. Si le tapis repose sur une sous-couche, photographiez-la aussi. Les photos peuvent suivre par courriel après la demande. Notez où le tapis était posé et depuis quand le défaut existe.

Dans le 5e, 18 101 résidences principales sur 31 295 ont été achevées avant 1919 (Insee, RP 2023) : escaliers anciens, paliers étroits, ascenseurs parfois absents. Signalez-le, car un tapis fragile se transporte roulé, sans pli, à deux personnes. À l’enlèvement, une personne est sur place, les meubles sont écartés, et rien n’est entrepris avant votre accord sur le devis.

Travail à l’aiguille sur un tapis clair. Prise de vue réelle, pendant le travail.
Travail à l’aiguille sur un tapis clair. Prise de vue réelle, pendant le travail.

Du faubourg Saint-Marcel aux Gobelins : des ateliers de laine restent voisins

Dans l’ancien faubourg Saint-Marcel, partagé avec le 13e arrondissement, la manufacture royale créée en 1663 sous Charles Le Brun a fait de la laine un métier d’État. Les ateliers de Beauvais l’y rejoignent en 1940, et la Savonnerie y travaille depuis 1968, dans l’enceinte des Gobelins (13e arrondissement).

Un tapis de famille n’a pas l’ambition d’une pièce de manufacture, mais le principe est le même : tout l’art d’une reprise est de retrouver une teinte voisine, et l’identique n’existe pas sur une laine ancienne. Une zone refaite se voit donc toujours un peu de près. C’est la conséquence de la méthode, pas un défaut d’exécution.

Dans une manufacture, des modèles dessinés servent de référence pour compléter un décor. Sur un tapis d’Orient, la référence est le tapis lui-même : une partie symétrique, une bordure intacte, un motif qui se répète.

Velours usé jusqu’à la trame au milieu d’un passage. Image de synthèse.
Velours usé jusqu’à la trame au milieu d’un passage. Image de synthèse.

Le conseil de l’atelier

Pour décrire un défaut, repérez-le par rapport au dessin : dans le médaillon, au troisième motif de la bordure, près de l’angle du haut. Ajoutée à la photo et à une mesure en centimètres, cette indication aide bien plus qu’un « en bas à gauche », qui change selon le côté d’où l’on regarde le tapis.

Questions fréquentes

Mon tapis est accroché au mur depuis des années : peut-il se déformer ?

Oui. Son poids tire sur le haut, et sans support sur toute la largeur, les fils de chaîne se détendent à la longue. Décrochez-le à deux, sans le plier, et posez-le à plat pour le photographier. L’examen dira si la déformation est légère ou si le fond a souffert.

Une sous-couche colle au dos de mon tapis : puis-je l’enlever moi-même ?

Mieux vaut ne pas tirer. Un dos qui adhère peut arracher des fils ou des nœuds avec la sous-couche. Photographiez ce que vous voyez, signalez-le dans votre demande, et laissez l’examen décider de la manière de le décoller, sans rien forcer.

Peut-on retrouver exactement la couleur d’une zone refaite ?

On cherche une teinte proche, jamais identique : une laine neuve n’a pas vécu la lumière de la laine ancienne. La reprise se voit donc un peu de près et se fond de plus loin. L’atelier détaille, dans le devis, les zones concernées et l’intervention proposée pour chacune.

Sources des repères locaux

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