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Restauration de tapis à Boulogne-Billancourt
Un tapis d’escalier s’use d’abord au bord de chaque marche.
Boulogne-Billancourt compte 1 518 maisons, et avec elles des escaliers, des couloirs et des perrons où un tapis de passage reçoit tous les pas. Dans les appartements, qui forment 96,6 % des logements, l’usure se concentre sur les seuils et les trajets entre deux pièces. Suivent les dégâts typiques de ces usages, les reprises possibles, la manière de présenter le tapis, puis un détour par la bibliothèque Marmottan, qui rappelle qu’un tapis noué naît d’un dessin et que ce dessin guide la reprise.

Les 1 518 maisons et leurs escaliers : l’usure d’un tapis de passage
Selon l’Insee, Boulogne-Billancourt compte 1 518 maisons, soit 2,2 % de ses logements. Dans une maison, l’escalier, le couloir et l’entrée concentrent les passages ; un tapis de galerie ou de descente y reçoit des pas toujours aux mêmes endroits. L’usure suit le tracé : bord de marche, seuil de porte, milieu du couloir où le pied appuie le plus. Un tapis de galerie, long et étroit, concentre cette usure sur quelques mètres : une paire de marches ou un seuil suffit à le marquer.
Là où le velours a disparu et où la trame apparaît, la reprise commence en général par la fondation, c’est-à-dire la chaîne et la trame, avant que la laine ne soit renouée dans des teintes proches du dessin. Les lisières, ces bords gainés de laine qui ferment les côtés longs, s’écorchent contre les plinthes et les huisseries ; les franges s’effilochent sous les talons. Les spécialistes de la conservation recommandent de tourner régulièrement un tapis pour qu’il s’use plus également : un tapis de couloir peut très bien être retourné bout pour bout, ce qui répartit les pas sur d’autres nœuds.
Photographier un tapis de passage en deux temps : l’ensemble, puis chaque zone usée
Prenez d’abord le tapis en entier, à plat si c’est possible, ou en deux moitiés pour une galerie très longue. Photographiez ensuite chaque zone usée de près, côté velours et côté revers, en posant près du dégât une règle ou un mètre. Pour un tapis d’escalier, une image par marche abîmée, en commençant par le bas, aide à repérer le motif de l’usure. Si le tapis est maintenu par des tringles, indiquez-le et ne forcez pas dessus.
Joignez les clichés à votre demande, ou envoyez-les juste après par courriel. Si vous habitez une maison, précisez les marches du perron, le portail, la largeur du couloir ; si c’est un appartement, l’étage et l’ascenseur. Le jour de l’enlèvement, qui est gratuit au même titre que la livraison, quelqu’un doit être sur place, les meubles écartés. L’atelier examine le tapis sur ses deux faces et vous soumet un devis ; les travaux ne commencent que si vous l’acceptez.

La bibliothèque Marmottan et ses maquettes : le dessin d’abord, le nœud ensuite
Aux Princes–Marmottan, la bibliothèque Marmottan occupe la maison que l’historien et collectionneur Paul Marmottan fit bâtir et qu’il légua à l’Académie des beaux-arts en 1932 ; elle a ouvert au public en 1935. Elle conserve des livres, des estampes, du mobilier et des objets du Premier Empire. En 2003 et 2004, elle a présenté une exposition intitulée « Tapis d’Empire, maquettes de la collection Marmottan », reprise ensuite à Roubaix.
Un tapis noué naît d’un dessin que l’on reporte, nœud après nœud, sur sa trame ; une maquette en donne le modèle. Pour restaurer un motif disparu, on cherche en général ce dessin : la partie symétrique du tapis, quand il en a une, ou d’anciennes photographies. Si rien ne permet de savoir ce qu’il y avait, mieux vaut consolider la zone que d’inventer. Cela vaut pour un tapis de famille : retrouvez les photos où il apparaît en entier avant l’accident, car elles servent de modèle. Renseignez-vous sur les conditions d’accès actuelles de la bibliothèque avant de vous y rendre.

Le conseil de l’atelier
Sur un tapis de couloir ou d’escalier, inversez les extrémités une fois par an, et décalez-le de quelques centimètres quand c’est possible : le pas n’appuie plus toujours sur les mêmes nœuds. Évitez le ruban adhésif de maintien, qui laisse des résidus sur la laine et les franges et rend la reprise plus délicate.
Questions fréquentes
Le bord de chaque marche a rasé mon tapis d’escalier : peut-on le réparer sans tout refaire ?
En général, on traite les zones usées une à une : consolidation de la fondation, puis renouage du velours aux endroits rasés. L’examen précise combien de marches sont concernées et si le reste du tapis est sain. Montrez-nous plusieurs marches, celle qui est la plus abîmée et une moins usée, pour comparer.
Une lisière de mon tapis de couloir s’est ouverte contre la plinthe : est-ce grave ?
Pas tant qu’elle reste petite. Une lisière ouverte laisse échapper la trame, puis les nœuds voisins. Ne la recousez pas et ne la collez pas : dégagez le bord de la plinthe, photographiez-le sur ses deux faces, et dites-nous comment le tapis est posé. Plus la reprise intervient tôt, moins elle touche de nœuds.
Mon tapis d’escalier est plus long que nécessaire : peut-on le raccourcir ?
Couper un tapis sans consolider la coupe le défait rang après rang et lui fait perdre une partie du dessin. Avant toute coupe, faites-le examiner : on peut souvent le replier ou le déplacer sur l’escalier sans le recouper. Si la coupe est faite, la restauration stabilise le bord pour qu’il cesse de s’effilocher.
Sources des repères locaux
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