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Expertise de tapis à Vincennes
Avant de lui donner une valeur, il faut savoir de quel tapis il s’agit.
Un tapis de prière, une galerie de couloir, une descente de lit : les petits formats sont ceux qui tiennent dans un appartement de Vincennes, et chacun a son histoire. Cette page explique comment l’expertise commence par identifier le type du tapis, puis lit son nouage, ses matières, ses teintures et son état, avec une origine probable à la clé. Elle dit aussi comment la préparer depuis un immeuble, une cave ou une chambre de service.

Prière, galerie, descente de lit, kilim : reconnaître le type avant d’ouvrir le dossier
Chaque format a sa fonction d’origine. Un tapis de prière porte une niche, le mihrab, qui indique la direction de la prière. Une galerie est un tapis long et étroit, fait pour un couloir ; une descente de lit, un petit format posé au pied d’un lit. Un kilim n’est pas noué mais tissé à plat : il n’a pas de velours, seulement une chaîne et une trame apparentes. Le type oriente la lecture du décor et des proportions, et aide à proposer une origine probable.
D’autres formats existent, comme le tapis de selle ou le sac tissé, et leur identification demande de les regarder de près. Quand le type est incertain, la photo la plus utile est celle du tapis entier, bien à plat, accompagnée de ses deux mesures, longueur et largeur.
La ligne 1 relie le terminus Château de Vincennes à la station Palais-Royal – Musée du Louvre. Le département des Arts de l’Islam du Louvre, dont un conservateur en chef s’occupe des tapis et des textiles, conserve des tapis anciens que sa base en ligne décrit : un moyen de voir comment un spécialiste décrit un format, sans se déplacer.
Mesures, papiers, usage : constituer le dossier d’un tapis de petit intérieur
Mesurez la longueur et la largeur, en précisant si les franges sont comprises. Rassemblez les papiers : facture, étiquette cousue au dos, courrier, ancienne photo de la pièce. Dites à quoi servira le document : assurance, partage, restauration ou vente ; sa forme exacte se précise à la demande.
Si plusieurs tapis sont à décrire, étalez-les un par un dans la pièce la plus dégagée et photographiez-les sur un même fond, le dos compris. L’enlèvement suppose une présence chez vous, un tapis libre de meubles et des informations d’accès : étage, escalier ou ascenseur, code, consignes de la copropriété, endroit où s’arrêter. Nous examinons ensuite le tapis à l’atelier, dessus et dessous. Pour un grand tapis, prévoyez de quoi le dérouler sur place ; à défaut, photographiez-le en plusieurs morceaux en notant l’ordre des prises. La lumière naturelle, près d’une fenêtre, restitue mieux les teintures que celle d’une ampoule jaune.

Cave, chambre de service, placard : les tapis oubliés des immeubles anciens
Selon l’Insee, 3 641 résidences principales de Vincennes, soit 14,8 %, datent d’avant 1919. Dans un immeuble de cette époque, la cave, la chambre de service ou le haut d’un placard abritent parfois un tapis qu’on a cessé de voir : roulé ou replié, il a pu passer des années sans lumière ni aération.
Un tapis retrouvé ainsi pose trois questions : de quoi est-il fait, dans quel état est-il, d’où vient-il ? L’expertise répond aux deux premières par des constats, à la troisième par une hypothèse motivée : sans papiers, l’origine et l’âge restent des conclusions probables. Déroulez-le sans le tirer, sur un sol propre, et notez les odeurs ou les traces avant d’en parler.
Un immeuble d’avant 1919 a aussi ses tapis bien visibles : ceux du salon, de l’entrée, du couloir. Là, ce n’est pas l’oubli qui menace mais l’habitude : on ne regarde plus le tapis, on marche dessus. Un coup d’œil au dos, une fois par an, suffit à repérer ce qui change.

Le conseil de l’atelier
Pour un tapis retrouvé en cave ou en chambre de service, ne le secouez pas fort et ne l’aspirez pas avant l’examen : une laine sèche et fragile perd des fibres à la moindre traction. Déroulez-le doucement, à plat, sur un sol propre, laissez-le respirer un moment, puis photographiez-le avant de lui faire quoi que ce soit.
Questions fréquentes
Mon tapis de prière a une niche : de quel côté se trouve le haut ?
La pointe de la niche, le mihrab, indique le haut du tapis, vers lequel on prie. Le sens du velours et une éventuelle inscription complètent la lecture. Photographiez le tapis entier, dans le sens où il se lit, puis la niche de près.
Un kilim peut-il être expertisé comme un tapis noué ?
Oui, mais sur d’autres critères : un kilim n’a pas de velours, donc pas de nœuds ; on y lit le tissage, la densité de la chaîne et de la trame, les motifs, les teintures et l’état. Précisez dès la demande qu’il s’agit d’un tissage à plat.
Mon tapis a passé dix ans dans une chambre de service : le chaud et le froid l’ont-ils abîmé ?
Les écarts de température sous les toits, l’humidité et l’absence d’air n’aident ni la laine ni le coton. L’examen cherche des plis, une fondation cassante, des traces de mites ou de moisissure, puis consigne l’état ; il ne conclut pas sur une cause, seulement sur ce qui est visible.
Sources des repères locaux
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