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Expertise de tapis à Paris
Un tapis hérité ou rapporté se décrit d’abord : nœud, laine, teintures, état.
Faire expertiser un tapis à Paris, c’est d’abord le décrire : comment il est noué, de quelles matières, avec quelles teintures, dans quel état. L’origine probable et l’âge en découlent, sans devenir certains tant qu’aucun document ne les établit. Cette page vous emmène au Louvre, où l’on peut comparer, puis détaille le dossier à préparer et les trois histoires les plus courantes d’un tapis de la capitale : acheté en salle des ventes, chez un antiquaire, ou rapporté d’un voyage.

Cour Visconti : regarder de beaux tapis avant de juger le sien
Au Louvre, la cour Visconti abrite depuis le 22 septembre 2012 les arts de l’Islam, avec des pièces venues du Louvre et du musée des Arts décoratifs. Le musée possède le grand tapis de la collégiale de Mantes, venu d’Iran au XVIe siècle et long de presque huit mètres : il couvrait le sol de cette église avant son achat en 1912. Aucun tapis de salon n’a cette stature, mais les questions posées sont les mêmes.
Le nœud d’abord. Le nœud persan, dit asymétrique, s’enroule autour d’un seul fil de chaîne, l’autre passant dessous ; le nœud turc, symétrique, enserre deux fils de chaîne. Le dos du tapis les montre un à un. La densité se mesure en nœuds sur une surface donnée : plus elle est élevée, plus le dessin peut être fin. Viennent ensuite les matières (laine, soie, coton pour la chaîne et la trame), les teintures (d’origine végétale, ou colorants de synthèse apparus dans la seconde moitié du XIXe siècle), le décor et l’état.
De ces éléments se déduisent l’origine probable et l’âge. Ce sont des conclusions probables, aussi longtemps qu’aucun document ne les établit.
Le dossier d’un tapis hérité : photos, comptage des nœuds, papiers
Les photos s’envoient par courriel une fois la demande faite : le tapis entier, puis un détail rapproché. Pour une expertise, il faut en plus l’envers, un angle avec sa lisière et une extrémité avec ses franges. Au dos, comptez les nœuds alignés sur une longueur de dix centimètres, dans un sens, puis dans l’autre ; multipliés entre eux, ces deux nombres donnent la densité par décimètre carré. Un chiffre approximatif suffit. Mesurez enfin la longueur et la largeur, franges non comprises.
Ajoutez ce qui accompagne le tapis : facture, fiche d’antiquaire, bordereau de vente, ancien inventaire, lettre. Précisez aussi l’usage prévu : assurance, partage d’une succession, remise en état ou vente. Le document exact se précise à la demande, en fonction de cet usage. L’enlèvement est gratuit, comme le retour ; une personne doit être présente. L’examen a lieu ensuite à l’atelier, côté face et côté dos.

Salle des ventes, antiquaire, voyage : trois histoires, trois sortes de papiers
À Paris, un tapis acheté en salle des ventes, par exemple à l’hôtel Drouot (rue Drouot, 9e), laisse un catalogue et un bordereau d’adjudication : ils décrivent la pièce telle que la salle l’a présentée ce jour-là. Acheté chez un antiquaire, il a une facture, parfois une fiche ; le mot « ancien » qui y figure ne vaut pas datation. Rapporté d’un voyage, il n’a souvent aucun papier.
Dans les trois cas, la description d’un vendeur donne une piste et non une preuve. L’examen la confirme ou la corrige. Pour le tapis sans papier, il devient la seule source, et ses conclusions restent probables.
L’examen peut aussi conclure qu’un tapis n’est pas noué main. Le dos tranche souvent : sur une pièce nouée à la main, le dessin se lit point par point, avec de petites irrégularités ; sur une pièce de fabrication mécanique, il est d’une régularité totale, parfois doublé d’une toile. Les décors persans se copient très bien, les techniques beaucoup moins.

Le conseil de l’atelier
Photographiez le tapis à la lumière du jour, sans flash, près d’une fenêtre et à l’écart du soleil direct : le flash écrase les nuances de teinture. Posez un mètre ruban le long d’un bord pour que les dimensions se lisent sur l’image, et ajoutez la photo de toute étiquette ou de tout papier fixé au tapis.
Questions fréquentes
Des photos suffisent-elles pour connaître l’origine de mon tapis ?
Elles préparent l’examen, sans le remplacer. L’origine et l’âge restent des conclusions probables, et le dos du tapis, où se lisent le nœud et la netteté du dessin, ne se juge bien que tapis en main. Les photos servent à savoir ce qu’il faudra regarder et à garder trace de l’état avant le départ.
Que contient le document remis après une expertise ?
L’expertise décrit et identifie : origine probable, nouage, matières, teintures, état. Le document s’ajuste ensuite à son usage : l’assurance attend une description précise, une succession un relevé pièce par pièce, une restauration un état des dégâts. Si vous avez besoin d’une valeur, c’est l’objet d’une estimation, à demander séparément.
Mon tapis porte une étiquette ou un monogramme : cela prouve-t-il quelque chose ?
Cela oriente l’examen sans le trancher. Une étiquette de magasin situe un achat, pas l’endroit où le tapis a été noué. Un monogramme ou une date intégrés au dessin aident à le situer, mais peuvent aussi être recopiés. L’examen les confronte au nœud, aux matières et aux teintures.
Sources des repères locaux
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